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Etudiant, en médecine, à Paris
Etudiant, en médecine, à Paris
22/08/10
Disclaimer : attention, billet baddant !
Les dissections. Un espèce de rite initiatique dans les études de médecine, qu’on nous oblige à effectuer parce que c’était « comme ça » qu’on apprenait du temps de nos grands-pères. Un enseignement devenu caduque, au temps du numérique.
Dans l’idée, aussi morbide que cela puisse paraître, ça peut paraître excitant. On s’imagine comme dans Scrubs, habillé en pyjama de bloc à l’hôpital, sortant un cadavre bien frais de la morgue et avec à ses côtés tous les instruments utiles pour apprendre l’anatomie « en vrai », pour voir comment ça s’organise réellement dans un corps humain. On s’imagine avec le corps d’un jeune homme—probablement la trentaine, sportif, bien en forme— décédé d’un malheureux accident vasculaire cérébral foudroyant venant de nulle part,.
En pratique, nous sommes un peu moins d’une centaine de personne à pénétrer dans une vaste salle à température ambiante, où sont entreposés 20 tables sur lesquelles gîsent les cadavres des personnes qui ont généreusement donné leur corps. Des personnes qui ont sûrement passé la fin de leur vie à l’hôpital, comme on l’observera bien rapidement en voyant leurs séquelles. Certains ont des poches de stomies, d’autres un escarre au pied mal caché par des pansements ; à certains il leur manque parfois un organe, une jambe, un sein ; à tous il leur manque leur jeunesse. Et il leur manque leur histoire. Ce sont des inconnus, pour nous—et bien heureusement, sinon ce serait trop dur—. D’ailleurs, hors de question de relever le drap pour mettre une image sur cette personne. Hors de question de personnifier cet objet inanimé devant nous.
C’est pas facile, d’entrer dans une salle comme ça ; en tant que pauvre étudiant de 3ème année ignare, sensé prendre le bistouri pour repérer les parties anatomiques qui sont étudiées dans le « cours » dispensé. Les corps sont entreposés dans la salle nus, à peine recouverts sous un champ de bloc. La salle est à température ambiante, je l’ai déjà dit, il n’y a qu’une petite aération. Les grandes fenêtres sont fermées pour ne pas tenter les plus idiots de balancer des organes par la fenêtre. (Parce que oui, malheureusement le concours de P1 laisse aussi passer des abrutis, malheureusement.)
Atmosphère étouffante.
Chaque semaine, c’est une région du corps qui est à l’étude, pendant 2h. Nous avons au total, 8 séances. Soit 8 semaines à cotoyer son cadavre : un peu plus de deux mois pendant lesquelles il ne manque pas de pourrir sur la table. Déjà que le cadavre n’est pas déjà très frais au départ ! Bref, ça sent, et ça ne s’arrange pas au fil des séances.
Et vu qu’on est nombreux, on ne peut pas avoir de pyjama pour tout le monde : va donc pour une casaque très fine (avec laquelle on ne se protège de rien, mais là n’est pas le but, il s’agit juste de se couvrir -à peine-), à mettre au dessus de ses vêtements de ville avec le reste de la panoplie minimale : charlotte pour les cheveux, gants, surchaussures. Autant dire qu’on continue de puer la mort pour toute la soirée après ça
« Tiens chéri tu as un nouveau parfum ? » Effet aphrodisiaque garanti.
Sitôt le cours fini, on n’a qu’une seule envie : prendre une douche et faire sa lessive.
Ces dissections sont obligatoires, dans ma fac. Une partie de la note du partiel est liée à la présence à ces cours exquis, donc autant dire qu’on a plutôt intérêt à y assister. Quitte à passer les deux heures à discuter avec les copains… Et c’est ce qui se passe pour la majorité des gens, au final. Manquait plus que le thé et les biscuits, et on avait là un parfait salon de thé. Juste un peu glauque.
Pourtant, dans le principe, c’est bien. Surtout que personnellement, pour l’instant je ne me vois pas refuser de faire chirurgie si l’option se présente (je dis bien pour l’instant !). Alors pourquoi pas ? Après tout, on a rarement l’occasion de voir tous les organes in situ dans un corps humain.
Seulement, c’est trop mal fait, c’est trop mal encadré. La séance commence sans un seul mot de la part des professeurs de la salle, même pas un « bonjour, nous allons commencer le cours sur l’avant-bras, cette semaine ». C’est une vidéo, qui nous accueille. Une vidéo qui nous présente la dissection à effectuer, les éléments à regarder. Très chaleureux comme accueil, entre les cadavres et la vidéo pré-enregistrée, vous trouvez pas ?
Une fois la vidéo finie, on se regarde un peu tous dans les yeux, l’air de rien, en se demandant « Bon, bah, maintenant on fait quoi ? On est censé commencer ? » « Bah ouais, je crois ». Et on coupe.
Au début, ça reste propre. On ne fait que commencer, on essaye d’y aller proprement. On hésite. Et puis, on voit les professeurs (ils sont 2 ou 3 à passer de tables en tables, pour une bonne centaine d’étudiants) et les moniteurs de 4ème année y aller franco, au doigt à la place des instruments. Et puis au fur et à mesure des séances, on fait comme eux : on finit par « charcuter » le corps. On y va un peu n’importe comment. Surtout qu’on a aucune idée de ce qu’on fait, faut pas se leurrer.
(En parlant de ces moniteurs de 4ème année, j’ai un co-stagiaire qui a eu la charmante idée d’engueuler son aîné parce qu’il ne savait pas plus qu’elle ce qu’on faisait…)
Donc on n’apprend rien. Et on coupe. C’est dérangeant, et c’est indigne pour le cadavre. Et pour nous, aucun moyen d’y échapper à moins de sacrifier de précieux points pour le partiel ; d’ailleurs un mot du Doyen nous rappelle à l’entrée de la salle que « la participation aux dissections est OBLIGATOIRE ». Enfin, il y a bien moyen, mais celui-ci requiert de voir un psy pour obtenir un certificat de je ne sais quoi (certificat de non-aptitude-à-assister-aux-dissections-glauques ? certificat de joie-de-vie ?). Et si par hasard on ne supporte pas l’odeur, les gestes, la boucherie faite par nos collègues, alors on a le droit à un violent discours réprobateur de la part des professeur(e)s. « Mais comment voulez-vous exercer en médecine si vous ne supportez pas la vue d’un cadavre ?! »
Mais Madame (car c’était une Madame qui avait fait un tel discours), ce n’est pas la vue des cadavre qui nous gêne. C’est le grand n’importe quoi de ces enseignements. C’est l’atmosphère suffoquante avec les vingts cadavres entreposés dans cette salle mal aérée. C’est la soustraction de l’humanité des cadavres, et de leur dignité. C’est la boucherie !
Mais bon, aucun moyen de leur faire comprendre. Continuons de gâcher de l’argent, et continuons de maltraiter des Corps (quand on pourrait très bien enseigner l’Anatomie aujourd’hui avec des modèles 3D et d’autres méthodes « 2.0″). C’est pour la bonne cause.
Enfin, personnellement, j’ai rien retenu de ces séances, à part pour faire des points de sutures. (Et encore, c’est une chose de faire des points sur un cadavre putrifié de 2 mois ; c’en est une autre de le faire lors de sa première garde sur un gamin qui gesticule de douleur dans tous les sens).
Moralité : donnez votre corps à la Science, vous ne le regretterez pas !
29/07/10
Bon, la qualité de la photo est pourrie, mais voilà un peu la pile de bouquin que je me donne à lire pour le mois d’août. Si j’en lis 2 je suis déjà content.
(Bon, en fait la pile de gauche c’est pour faire genre, y a aucun moyen que je lise ça d’ici la rentrée. Ca m’énerve que « The Blade Itself » de Joe Abercrombie reste depuis 2 ans sur la pile « à lire » mais je n’arrive pas à me lancer complètement. Ca attendra encore un peu.)
Parmi les bouquins que j’ai envie de lire dans l’immédiat :
Et je viens de finir Spin de Robert Charles Wilson, livre très sympathique qui raconte une sorte de fin du monde causée par l’action d’êtres hypothétiques (hypothétiques parce qu’on est sûr que cette fin du monde est amenée par quelque chose, mais bon, on sait pas quoi, c’est très bizarre, il nous arrive des choses mais on sait pas trop pourquoi on nous fait ça). Et dans lequel la Terre est recouverte d’une membrane qui fait passer le temps moins vite à l’intérieur qu’à l’extérieur (ce qui fait qu’en une journée sur Terre il se passe en réalité des milliers d’années. Conséquence : l’échéance du Soleil qui brûle et grandit pour rayer la Terre du système arriverait bien plus vite que prévu…). Et dans lequel on dit « Coucou ! » à des Martiens humains.
Bref, une petite lecture bien sympathique. C’est toujours stimulant de lire des bouquins dans lesquelles des gens se préparent à la fin du monde (« Bon, moi, j’suis pas intéressé. Donne moi quelques pilules magiques pour que je crève à ma façon stp ! »)
Un peu de reprise sur le blog misérablement délaissé… Allez, on se chauffe pour l’externat !
(Et en parlant de ça, j’ai encore pas mal de partiels à repasser en septembre… Ca fait chargé, le mois d’août.)
10/06/10
Parce qu’on arrive sensiblement à la période de fin d’année de tous les bureaux et que mon bilan d’activité / moral de l’an dernier au C2P1, je le trouve quand même super bien chanmé :
Mon bilan au C2P1 l’an dernier, présenté lors du conseil d’administration de fin de mandat. (Et en version statique, sans transition-qui-pète-de-la-mort : ici). En mode gros geek, avec l’app « Keynote » sur mon iPhone pour l’utiliser comme télécommande..!
Ah, si l’AMPc faisait des présentations comme ça pour leur AG (au lieu de préparer son powerpoint 20min avant l’AG… sic), on ferait comme avec Steve Jobs et on live-bloggerait tout le truc !
5/06/10
Le logo vectorisé (ben oui, mais moi je viens de comprendre comment ça marchait, le vectoriel).
Logo Solem
20/04/10
La B.O. de Fringe (Saison 1) vient de sortir. Elle était prévue pour le mois dernier avant d’être repoussée à aujourd’hui.
Sans déconner, ça fait un mois que je regarde tous les jours sur l’iTunes Store si cet album n’était pas discrètement sorti.
13/04/10
Mardi, 10h40, dans le métro. 10h40, c’est presque trop tôt pour moi. Mon estomac hurle de faim et l’expresso comme petit déjeuner ne m’a pas suffit.
Je vais à la fac de bonne heure, comme tous les mardis une semaine sur deux. Aujourd’hui, mon retard s’explique par mon coucher tardif aux alentours de 4h du matin, rien que ça. Même pas à cas d’une insomnie, non : si ça n’en tenait qu’a moi je me serais couché a 22h, après avoir regardé l’épisode de Planete Terre sur les Grandes Plaines.
Je suis un des deux Ronéoboss de la promo, mais pire que ça, je suis aussi très perfectionniste à la limite de la manie. Être ronéoboss, ça consiste a préparer la ronéo toutes les deux semaines : faire la page de garde, le sommaire, ordonner les cours, bref toutes les conneries qui se rapportent a la ronéo.
8/02/10
Voici un projet bien personnel que j’ai réussi à mener à bien ces derniers jours : un guide sur les études de médecine spécifique à Paris Descartes, réalisé entre une semaine remplie de nuits presque blanches (entre stages, dissections et boulot) pour écrire son contenu et une semaine de vacances au ski où j’ai essayé de finir tant bien que mal les derniers articles. Difficile, entre des journées sur les pistes et les soirées trop nombreuses d’avancer sur quoique ce soit. Mais bon, au final, j’ai pu finir le guide dimanche soir et lundi matin… merci aux coupaings qui ne refusent pas d’apporter leur aide même s’il est minuit passé (voire 2h du mat’) !
Après tout, j’avais contribué l’an dernier à mettre à jour les guides pour les filières de chirurgie dentaire et de sage-femme, et aux différentes éditions du guide aux différentes facs de médecine d’ile-de-france. Il ne manquait plus que ça : quelque chose de totalement destiné aux lycéens, qui leur présente les études de médecine, de la P1 à l’internat, et qui plus est ne se veut pas généraliste—j’entend par là, qui ne se limite pas aux généralités des études, mais aux études spécifiquement à Paris Descartes.
La date limite, c’était ce matin, pour pouvoir envoyer le patron à la reprographie et recevoir une six-centaines de guides pour mercredi : LA seule journée portes ouvertes de l’Université, où de nombreux lycéens et parents de lycéens viennent pour s’informer sur la première année de médecine. D’autant qu’ils sont tous paniqués avec l’arrivée de la réforme… Autant dire que c’était le moment idéal pour réaliser ce guide.
D’habitude, ce genre de brochure en petit format (A5, plié), je les faisais l’an dernier sur Word. Ce nouveau guide a été l’opportunité pour moi d’utiliser un autre logiciel, Adobe InDesign, beaucoup plus puissant même si difficile à approcher (vu que c’est plus un logiciel de mise en page que de traitement de texte). Autant dire que je suis ravi du résultat, même si je suis sûr que je pourrais très facilement m’améliorer.
Bref, je suis très fier d’avoir pu mener ce travail à bien, avec l’aide précieuse de Pierre, Momo, Paille pour le contenu… Même si j’avoue avoir eu un peu un comportement d’autiste en gardant ce projet personnel (et non quelque chose plus communautaire).
J’espère qu’il aidera de nombreux lycéens à faire leur choix sur leur entrée en filière supérieure.
12/01/10
En stage en Pneumologie Cochin, 3x3h par semaine.
Rien à dire : rien à faire.
19/12/09
C’est marrant d’être ronéoboss !
Enfin, finalement, quand on est bien organisé (quand on est en D1 quoi, hum hum, ce commentaire n’a rien à voir avec le boulot exemplaire des ronéoboss P2 de cette année…) ça ne prends pas beaucoup de temps de faire les ronéos. C’est le mardi matin : assembler les cours (dans un ordre logique, pas vrai les RB P2?), numéroter les pages (qu’il est bon d’être geek pour déléguer ça à l’imprimante
), faire la page de garde (ça… C’est une autre histoire), et amener la ronéo à la reprographie.
Après, c’est le jeudi : réception et mise dans les casiers des ronéos (bwarf, il paraît que je suis pas souvent là ces derniers temps…)
Pas grand chose au final..?
Sauf qu’il n’y a pas un seul jour où il ne faut chercher une ronéo en rab dans la réserve pour servir ceux qui se sont prendre leur ronéo par quelqu’un d’autre. Et à côté, quand on pousse un coup de gueule, ça me retombe dessus (mon casier déjà vide de ronéo alors que j’arrive à la fac 1h après la livraison). Vive l’associatif, vive les connards aussi, qui ne gênent pas pour se servir. 70€ l’année, c’est prix du papier coûtant, rien qu’à voir l’épaisseur de l’ensemble des ronéos pour un trimestre je trouve que c’est pas très cher payé.
Des connards, j’en connais qu’un, les autres se cachent. Généralement des doublants, comme ce bon vieux Alain Court (par mesure d’anonymat, je ne divulguerais pas son nom prénom), qui ne se gène pas pour faire plusieurs casiers avant de trouver la ronéo P2 de la semaine. Pris sur le fait, il m’annonce « Je… euuh… Je prends cette ronéo pour un ami ! » Certes, mais ton ami, il s’appelle comment ? Enfin, c’est pas normal que t’aies à faire 10 casiers pour trouver sa ronéo.. « Euh, Jean..? » Et il n’a pas de nom de famille ? « Je le connais pas » Certes. Donc tu lui prends sa ronéo de bon cœur, pour lui rendre service, mais tu ne connais pas son nom de famille (sachant que les casiers sont rangés par ordre alphabétique… sic!).
Et quand je lui demande son identité (parce que je ne suis pas sûr, avant de voir son profil facebook, que c’est bien Alain Court. Après tout, un asiatique au nom atypique d’un asiatique (enfin français quoi… vous me suivez ?) qui a redoublé sa P2, j’en connais pas beaucoup !), il se met sur la défensive. Après tout, qu’est-ce que j’en ai à faire qu’il s’appelle Alain Court ? Demander à l’AMPc de lui mettre des bâtons dans les roux roues (ahem, lapsus) pour les prochains trucs qu’il voudra faire à la fac ? Hin hin… Enfin, heureusement qu’on ne va pas jusqu’à le radier de l’association (comme j’aime à dire sur la page de garde des ronéos…). Surtout qu’à l’époque, ça passe mal, on veut toujours qu’il vote Asso et pas Feder.
PS : Oh, génial, j’ai fait le site du Tutorat Santé IDF !